Le radon

Le radon : ce que c'est et pourquoi ça compte

Le radon est un gaz radioactif d'origine naturelle. Il vient du sol, il s'infiltre dans les bâtiments, et il ne se détecte par aucun sens.

D'où vient le radon

Le radon provient de la désintégration de l'uranium présent naturellement dans le sol et la roche. C'est un processus continu qui se produit partout sur la planète, à des intensités qui varient selon la géologie locale.

À l'air libre, le gaz se disperse et sa concentration reste faible. Le problème apparaît quand il s'accumule dans un espace fermé.

Comment il entre dans un bâtiment

Un bâtiment chauffé fonctionne comme une cheminée. L'air chaud monte et s'échappe par le haut, ce qui crée une légère dépression dans les niveaux inférieurs. Cette dépression aspire l'air du sol à travers les moindres ouvertures.

Les points d'entrée sont nombreux : fissures dans la dalle ou les fondations, joint entre la dalle et les murs, passages de tuyauterie, drains, puisards, vides sanitaires, planchers de terre.

Aucun bâtiment n'est parfaitement étanche. La question n'est pas de savoir si le radon entre, mais à quelle concentration il s'accumule.

Pourquoi c'est un risque pour la santé

Le radon se désintègre en particules radioactives qui se fixent aux poussières de l'air. Inhalées, ces particules se déposent dans les poumons et irradient les tissus.

Le Centre international de recherche sur le cancer classe le radon comme cancérogène certain pour l'humain depuis 1988, au même titre que l'amiante et le tabac.

Au Canada, 16 % des décès par cancer du poumon sont associés au radon. Au Québec, cela représente plus de 1 000 décès par année, près de trois fois plus que les accidents de la route. Le radon est la deuxième cause de cancer du poumon dans la population générale, après le tabagisme, et la première chez les personnes qui n'ont jamais fumé.

Ces deux constats décrivent des réalités différentes. D'une part, le 16 % porte sur l'ensemble des cancers du poumon, fumeurs compris, où le tabac demeure la première cause. D'autre part, chez les personnes qui n'ont jamais fumé, le tabac disparaît de l'équation et le radon devient la principale cause. En somme, le radon touche tout le monde, et il est le premier facteur en cause chez les non-fumeurs.

Le risque augmente avec la concentration et avec la durée d'exposition. L'exposition s'accumule année après année, et elle amplifie ses effets chez les enfants.

Sources : Santé Canada, Gouvernement du Québec, CIRC

Qui est concerné

Le facteur déterminant est la géologie du terrain. La concentration d'uranium dans le sol et la roche varie d'un secteur à l'autre, et parfois d'une propriété à sa voisine.

L'âge du bâtiment n'est pas un indicateur fiable, et il joue même à l'inverse de l'intuition. Au Canada, les constructions récentes présentent en moyenne des niveaux de radon plus élevés que les plus anciennes : elles sont plus étanches, donc l'air s'y renouvelle moins.

D'autres facteurs influencent l'accumulation sans jamais la déterminer seuls : le type de fondation, l'état de la dalle, la présence d'un vide sanitaire ou d'un puisard, le système de ventilation, et les habitudes d'occupation des niveaux inférieurs.

Dans la région métropolitaine de Montréal, 17 % des maisons dépassent 200 Bq/m³ et 28 % se situent entre 100 et 199. Près d'une maison sur deux atteint donc le niveau de référence de l'OMS ou le dépasse.

Aucune de ces caractéristiques ne permet de conclure sans mesurer. Deux maisons identiques sur la même rue peuvent afficher des niveaux différents.

Source : Enquête pancanadienne sur le radon, 2024

Les seuils de référence

Santé Canada fixe sa ligne directrice à 200 Bq/m³. L'Organisation mondiale de la santé recommande 100. Les deux organismes s'entendent sur un point : aucun niveau de radon n'est sans risque.

Comprendre les seuils en détail →

Comment on le mesure

Le radon fluctue d'heure en heure et de saison en saison, ce qui explique pourquoi la durée d'un test change ce qu'il mesure.

Santé Canada recommande une mesure d'au moins 91 jours, idéalement pendant la saison de chauffage, entre novembre et avril. C'est la période où les bâtiments sont les plus fermés et où les concentrations sont les plus représentatives. C'est la seule méthode reconnue pour établir l'exposition réelle d'un bâtiment.

Un test court, d'une semaine, sert en contexte de transaction immobilière, quand les délais l'imposent. Il donne un ordre de grandeur fiable pour décider s'il faut aller plus loin, sans remplacer la mesure longue.

Comment on corrige

Un niveau de radon se corrige, quel qu'il soit. La méthode reconnue est la dépressurisation active sous la dalle : un système d'extraction crée une pression négative sous le bâtiment et évacue le gaz vers l'extérieur avant qu'il n'entre.

La configuration du système dépend du bâtiment : type de fondation, état de la dalle, présence d'un vide sanitaire ou d'un puisard. C'est ce que le diagnostic établit avant l'installation.

Le résultat se vérifie par une mesure après les travaux.

Comment fonctionne l'atténuation →

Vous ne savez pas où en est votre maison ?

La seule façon de le savoir est de le mesurer. Soumission gratuite, réponse le jour même.

Soumission gratuite →